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Selon l’OMS, l’obésité se définit comme « une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui représente un risque pour la santé ». En 2016, la quantité des personnes considérées en surpoids dépassait 1,9 milliard d’adultes, dont 13% obèses. 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient également en surpoids ou obèses. L’obésité a augmenté mondialement de manière incontrôlable, notamment à partir de 1975. Quelles sont les causes de cette épidémie ?

L’obésité est tout sauf simple. Traditionnellement, on la considérait comme la conséquence d’une mauvaise alimentation et d’une activité physique pauvre. Néanmoins, ce n’est pas toujours le cas. Aujourd’hui, une multitude d’études témoignent des différents facteurs étiologiques (tels que la transmission de certains gènes) favorisant le surpoids et l’obésité. Il existe également des facteurs héréditaires et des facteurs physiologiques : par exemple, certaines hormones ne fonctionnent pas de la même manière chez différentes personnes ce qui, en conséquence, affecte leurs métabolismes. Ils peuvent alors être confrontés à des variations de poids plus ou moins importantes. Il y a également l’impact de l’histoire émotionnelle de la personne qui peut influencer le sujet sur son contrôle de son comportement alimentaire : ce sont des facteurs psychologiques, mécanismes directement en lien avec la volonté de la personne.

Même si toutes ces catégories, héréditaires, alimentaires et psychologiques, semblent éloignées et indépendantes les unes des autres, cela n’est pas réellement le cas. Elles sont toutes associées d’une manière spécifique, qui n’est pas nécessairement évidente. Étant donné qu’il n’y a pas de séparation entre corps et cerveau, et que tout notre organisme fonctionne de manière unitaire, il n’est pas justifié d’établir une barrière entre mode de vie et état corporel, aussi bien biologique que mental.


1. FACTEURS PSYCHOLOGIQUES

Nous vivons dans une période cruciale de l’Histoire. Nous passons de plus en plus de temps au bureau, et nous avons tendance à pratiquer beaucoup moins d’activités physiques qu’auparavant. Le monde du digital a fait de nous une population relativement sédentaire, étant donné que plutôt que de chercher de la nourriture, construire son habitat, et marcher afin d’arriver dans un lieu, nous préférons nous faire livrer, payer des services et utiliser des transports en commun. La technologie, les transports et la disponibilité des aliments en tout heure et en tout lieu rend notre mode de vie particulièrement simple, sans avoir à bouger le moindre petit doigt. Cette amélioration considérable du confort a donné lieu à la diminution des efforts physiques, puisque tout cela a substitué des actions que nous pratiquions encore régulièrement il y a quelques dizaines d’années.

L’environnement actuel nous affecte, non seulement dans notre disponibilité et volonté de nous mouvoir, mais aussi dans nos décisions au moment des repas. Les publicités alimentaires ne cessent d’augmenter, que cela soit aussi bien pour des produits alimentaires que pour des restaurants et autres lieux d’alimentation. Ce monde publicitaire industriel offre à priori des produits plus “pratiques” au détriment des produits bruts (qui sont pourtant plus sains) et seraient plus facilement accessibles puisqu’ils se trouvent partout où nous nous rendons : dans le métro, au travail, dans la rue et même sur notre smartphone en commandant en ligne. Nous sommes engloutis chaque jours par une vague d’informations sur les nouvelles denrées alimentaires incroyables que nous offre cette nouvelle vie sociétale.

Finalement, l’industrie alimentaire ne nous aide pas du tout. Ils n’ont de cesse pour objectif de créer des produits ultra-transformés de “qualité”, tout en baissant leurs prix et en multipliant les publicités vantant les mérites de leurs produits. Ce jeu omniprésent entre communication et clients repose sur la manipulation de nos comportements alimentaires. Ainsi, cela peut potentiellement être un premier facteur décisionnel et surtout comportemental sur nos prises alimentaires.

Par ailleurs, un autre aspect essentiel également lié à notre société actuelle est fondé sur le fait que des préjugés existent concernant le surpoids et l’obésité. Les personnes obèses et les personnes en surpoids peinent souvent sous le poids d’une culpabilité néfaste pour elles, puisque la prise de poids est souvent perçue comme un manque de contrôle, un manque de responsabilité voire même un manque de bienséance. Malheureusement, cet abus psychologique les empêche d’accomplir un rééquilibrage alimentaire correct et sain, afin de revenir à un poids stable de la façon la plus normale possible. Cet objectif est primordial étant donné que bien trop souvent, les personnes en surpoids ont tendance à effacer leur honte et leur tristesse en grignotant, comportement appelé : “manger émotionnel”.

Ce sentiment de honte peut généralement influencer l’être humain en le faisant diminuer ou augmenter ses consommations, voire même son appétit, mais d’autres émotions agissent également sur nos choix alimentaires. Plusieurs études montrent que les émotions (notamment les émotions négatives) augmentent notre appétit, parfois de manière incontrôlable, en destination des aliments dits palatables, comme les produits sucrés, gras, gras-sucrés, c’est-à-dire comme les charcuteries, les biscuits ou le chocolat. D’après Le Journal of Médical Investigation (2004), l’hormone cortisol secrétée généralement à la suite d’un état de stress jouerait un rôle significatif dans ces comportements. Ce phénomène repose sur le fait que l’envie de manger diminuerait grandement durant la période de stress, en raison de la libération de l’hormone corticotropin. Néanmoins, il est important de souligner que la faim réapparaîtra plus tard ; son augmentation est causée par des résidus du cortisol. Ceci serait également l’une des causes possibles de la prise de poids, notamment chez les personnes qui souffrent de stress chronique et chez les personnes qui réagissent de manière plus excessive au cortisol. Notre société facilite considérablement les états de stress chez la population générale, il s’agit là d’un phénomène malheureusement difficilement gérable.

De plus, le cortisol est aussi présent dans le trouble de l’alimentation nocturne (Night Eating Syndrome), également appelé hyperphagie nocturne. Celle-ci est décrite comme « l’habitude de manger plus de 50% des ses apports nutritionnelle journalier après 18 heures ». Dans Le journal of Médical Investigation, une étude récente a comparé des patients en surpoids, dont une partie des patients avait ce syndrome tandis que l’autre ne souffrait pas de ce syndrome. Les personnes ayant ce trouble présentaient une libération du cortisol en soirée beaucoup plus significative, tout comme une sécrétion de mélatonine suite à la corticotropin, c’est-à-dire en substance après la condition de stress. Le stress est donc un facteur influant concernant la prise alimentaire à travers le trouble de l’alimentation nocturne (Takeda 2004).

Toujours dans une dimension comportementale et émotionnelle, l’alimentation peut être altérée par des émotions positives impactant négativement nos choix. Une étude réalisée à l’Université de Maastricht avec le Département des troubles alimentaires a mis en place 3 tests de “manger-émotionnel” différents, de la manière suivante :

  • Le ST-IAT indique si le sujet présente une forte ou faible essence à la prise alimentaire, basée sur des émotions
  • Le SC-IAT représente la relation spécifique de ces individus entre nourriture/émotions positives et nourriture/émotions négatives
  • Le DEBQ : ces émotions étaient induites par des films

Les participants qui ont eu des résultats statistiquement élevés lors du premier test ont consommé plus de nourriture que ceux qui n’avaient pas des résultats importants. Concernant le test SC-IAT, il était signalé que les sujets qui ont passé le test avec un score élevé étaient plus susceptibles de manger après avoir ressenti une émotion positive. Néanmoins, le test DEBQ n’a rien démontré. On peut conclure que non seulement les émotions positives peuvent affecter l’appétit dans certains cas, et parfois même de manière plus importante que les émotions négatives, mais aussi que le test SC-IAT a le potentiel de mesurer le manger-émotionnel en situations aussi bien positives que négatives (Bongers P, Jansen A, Houben K, Roefs A. 2012, Faculty of Psychology and Neuroscience, Maastricht University, CPS, Department of Eating Disorders & Addiction, The Netherlands).

Des études actuelles conduites par des professionnelles de la santé se basent sur la question de pourquoi les régimes drastiques ne fonctionnent pas pour la majorité des cas, et pourquoi il existe un penchant à récupérer le poids perdu, chose qui se passe dans 80 à 95% des cas.
Deux psychologues canadiens, Peter Herman et Janet Polivy (1970), ont introduit le concept de « Restriction Cognitive ». Cela repose fondamentalement sur le fait de provoquer trop d’interdictions alimentaires, de se restreindre à trop peu d’aliments en en bannissant énormément. De plus, il s’agit bien souvent d’aliments que nous finirons par consommer, soit en grignotant, soit pour calmer des troubles psychosociaux, soit en raison de certaines émotions telles que la culpabilité voire la dépression. Tout cela peut d’ailleurs conduire au syndrome du Yo-Yo. Celui-ci est décrit comme la perte de poids après un régime, puis la reprise de ce poids (ou un peu plus), suivi d’un nouvel essai de régime, puis de nouveau une perte de poids accompagnée d’une ré-augmentation de celui-ci et ainsi de suite.
Ce type de comportement peut être influencé aussi bien par l’état psychologique de la personne, que par la société et notre métabolisme en lui-même (notre appétit par exemple).


2. FACTEURS ALIMENTAIRES

Quelle que soit la raison, physiologique (faim) ou psychologique (appétit, envie), nous sommes contraints à adapter notre consommation afin de ne pas basculer dans l’excès. Les besoins physiologiques reposent principalement sur les macronutriments, qui seront décomposés par notre organisme sous forme de nutriments : glucose, acides gras et acides aminés, pour ensuite être distribués dans notre corps grâce au sang. L’organisme les utilisent afin de fabriquer de nouvelles cellules, d’avoir de l’énergie pour la dépense énergétique ou comme réserve énergétique (la création de tissus adipeux (graisse) par exemple). C’est la réserve énergétique qui nous intéresse lorsque l’on parle prise ou perte de poids, puisqu’elle constitue l’explication physiologique du surpoids : si le poids total dépasse 25 kg/m² concernant l’Indice Masse Corporelle, la personne est considérée en surpoids.

INDICE DE MASSE CORPORELLE (IMC)

C’est à partir de la digestion des lipides que les acides gras sont assimilés, pour la majorité des cas sous forme de triglycérides, et ensuite stockés dans le tissu adipeux. Le sucre, par contre, sera stocké essentiellement dans le foie et les muscles, sous forme de glycogène. Cela n’empêchera pas le fait que le sucre peut aussi bien être métabolisé sous forme de graisse du fait que le stock de glycogène est limité. Cela se fait spécifiquement lorsque la consommation de sucre est bien au-dessus des recommandations sanitaires, puisqu’un processus d’oxydation transforme ce nutriment via la glycolyse afin d’être ensuite conserver corporellement sous forme d’acides gras.

Comme la réserve de graisse permet un stockage plus dense que celui du glycogène, le corps se sert de cette opportunité afin d’y stocker le sucre (si consommé en excès), et la prise de masse graisseuse augmenterait. De ce fait, il nous faut également plus d’efforts pour la dégrader. Il est donc préférable d’éviter la surconsommation de sucre qui provoque le mécanisme de conversion du sucre en graisse au sein du tissu adipeux. D’ailleurs, ce processus demandera plus de dépense énergétique lors de l’élimination de ces graisses plutôt que pour les réserves de glycogène.

Cette réserve ou accumulation de graisse peut être accentuée par des excès ou bien par le déséquilibre des apports énergétiques et qui ne seront finalement pas utilisés. Ce stockage prend appui sur un mécanisme très efficace, propre à la survie : dans le cas où l’Homme serait exposé à une situation de famine et qu’il ne puisse manger dans l’immédiat, l’organisme puise dans ses réserves énergétiques. Le problème c’est que, dans notre société actuelle, la plupart des êtres humains ne sont plus réellement exposés à ce risque. Cette réserve énergétique n’a alors plus de rôle aussi important qu’auparavant, et elle ne devrait pas être accumulée en modalité extrême. Finalement, soit nous utilisons cette réserve pour l’activité physique sportive, soit pour les activités quotidiennes, soit pour un travail physique tel que la construction, qui nécessite plus d’effort.

Concernant cette réserve, les acides gras se stockent sous forme de triglycérides dans les adipocytes, à partir des lipides (et des glucides si consommés en excès). Ils se composent de 3 acides gras et de glycérol. À l’inverse, lorsque l’organisme a besoin d’énergie, ces triglycérides passent par une étape connue sous le nom de lipolyse. Le tissu adipeux se décompose et passe dans le sang pour que les cellules puissent l’utiliser avec pour but de produire de l’ATP (énergie). Cette transformation en ATP se fait dans les mitochondries des cellules, un processus appelé b-oxydation. Si vous allez à la salle de gym par exemple, ou jouer au tennis avec vos amis ou même tout simplement marcher, votre réserve énergétique effectuera ce processus après un certain temps d’activité, donnant lieu à une diminution de masse grasse sur le long terme. Les acides gras sont donc soit stockés dans le tissu adipeux, soit utilisés lors de la production d’énergie par les cellules ; la question dépend de l’individu et de son niveau de dépense énergétique.

Si le corps n’utilise pas ces acides gras pour les transformer en énergie, il peut y avoir un excès dans la limite de l’espace du tissu adipeux. Dans ce cas, l’organisme peut agir de manière néfaste, en n’ayant plus d’autre choix que de stocker ces acides gras dans le foie, le cœur, les muscles ou le pancréas ; ils sont alors appelés “acides gras libres”. L’accumulation de ces derniers va augmenter le risque de développer un diabète de type 2 par exemple, une condition qui résulte d’une résistance à l’insuline, voire un développement de la stéatose hépatique ainsi que la destruction des cellules cardiaques, entraînant par conséquent des dysfonctionnements cardiaques. Lorsque les acides gras libres présents dans le corps entraînent ce genre de conséquences néfastes et chroniques, nous le nommons “lipotoxicité”, qui sont parfois irréversibles. (Nathalie CONSTANTIN et Walter WAHLI, 2014).


3. FACTEURS HÉRÉDITAIRES

La génétique quant à elle, peut-elle être également une cause de l’obésité ? La réponse est oui. Notre ADN peut malheureusement stimuler l’accumulation de graisses et nous rendre moins efficaces pour la réguler. Le monde scientifique témoigne de l’existence de gènes codant pour une obésité sévère ou morbide qui est “l’obésité monogénique”, car elle est déclenchée par une partie de notre ADN. Des études ont également noté 8 gènes à l’origine de l’obésité morbide, parmis lesquels se trouvent : les gènes codant la leptine (LEP) et ses récepteurs (LEPR) qui altèrent la sensation de satiété et par conséquence le contrôle de l’appétit. (Nathalie CONSTANTIN et Walter WAHLI, 2014).

Il faut savoir que la leptine et la ghréline sont des hormones jouant un rôle sur notre métabolisme. La ghréline est secrétée par nos cellules dans le but de nous avertir qu’il faut manger, puisque le corps a besoin des certains apports nutritionnels. Lorsque le cerveau reçoit ce message, nous commençons à avoir conscience de la faim et de la nécessité de nous nourrir. Dès que l’on initie la prise alimentaire, le cerveau commence à libérer de la leptine qui diminue la prise alimentaire donnant lieu à la satiété. La raison pour laquelle il est nécessaire de manger lentement repose sur le fait que les effets de la leptine commencent à agir environ 20 minutes après la première bouchée. Donc, si le repas est consommé rapidement, cet effet n’aura pas lieu et des comportements tels que le grignotage ou le fait de se resservir lors du repas se manifesteront.

Par ailleurs, l’hormone mélanocortine, tout comme la leptine, peut également être à l’origine de l’obésité, en raison de la présence d’une mutation. Cette hormone possède certes une fonction en rapport avec la peau (grâce à la mélanine), mais elle joue également un rôle sur l’inhibition de la prise alimentaire lorsqu’elle est assimilée par le cerveau. Lors de la mutation de l’hormone mélanocortine (POMC) ou même un récepteur (MC4R), la personne présente un risque d’obésité.

Néanmoins, les 8 gènes majeurs (monogéniques) n’expliquent que 5% des cas d’obésité massive ; cela signifie que 95% des cas sont occasionnés par des facteurs environnementaux ou probablement par des gènes mineurs. Concernant les gènes mineurs (également appelés polygéniques), les scientifiques en ont identifié pour l’instant 150 environ qui, contrairement aux monogéniques, n’exercent pas un effet néfaste sur le sujet. Cependant, ils jouent un rôle sur la prise de poids lorsqu’ils sont associés aux facteurs environnementaux tels qu’une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique : la sédentarité. De plus, certaines personnes stimulent ces gènes à partir de leur mode de vie, leur consommation, voire les médicaments qu’elles prennent.


4. CONCLUSION

Actuellement, les recherches se poursuivent et les professionnels de la santé sont en train d’identifier d’autres facteurs influençant l’obésité.
Pourtant, les mêmes questions subsistent : est-ce qu’il s’agit d’un manque de contrôle ? Les gènes influencent-ils l’obésité et si oui jusqu’à quel point ? Les personnes obèses, comment peuvent-elles éviter les effets Yo-Yo ? Ces quelques questions ne suffisent pas, il existe toute une histoire derrière l’obésité d’une personne. Il faut analyser une multitudes de régions, que cela soit héréditaire, psychologique ou alimentaire, afin de pouvoir agir et lutter au mieux contre cette prise de poids.
Une dimension plus importante de réflexion irait même jusqu’à dire que nous devons nous poser la question de comment aider la population d’aujourd’hui et celle à venir, afin d’éviter de focaliser la solution vers la nourriture, puisque ce sont bien souvent la société ainsi que notre style de vie qui fournissent les premiers obstacles.
Il est temps de ne plus être des consommateurs mais bel et bien de véritables consomm’acteurs.


BIBLIOGRAPHIE

  • CONSTANTINE, Nathalie et WAHLI, Walter. (2014). “Les secrets du tissu adipeux. Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles”: De Boeck Supérieur.
  • BRACCO, Lélia . (2018). “Obésité: Au-delà de l’impasse”. France: EPD sciences.
  • L’OMS : Thèmes de santé : Obésité 2020
  • Le Journal of Médical Investigation (2004)
  • Takeda 2004
  • Université de Maastricht avec le Département des troubles alimentaires
  • Bongers P1, Jansen A, Houben K, Roefs A. 2012, Faculty of Psychology and Neuroscience, Maastricht University, CPS, Department of Eating Disorders & Addiction, The Netherlands
  • Peter Herman et Janet Polivy (1970), ont introduit le concept de « Restriction Cognitive »
  • Nathalie CONSTANTIN et Walter WAHLI, 2014